Le délégué régional de l’Environnement du Littoral déplore l’érosion des mangroves à Douala par des étrangers et des populations locales.

Que représente une journée de l’environnement pour un habitant de Douala ?

C’est une journée de prise de conscience collective par rapport aux problématiques environnementales. Logiquement, un habitant qui habite Douala doit se poser des questions sur les enjeux de l’environnement. Dans la conscience collective, c’est une journée où on pose des gestes nécessaires en faveur de l’environnement.

Quels sont les rapports entre les habitants de Douala et l’environnement ?

C’est un rapport difficile. Les populations n’ont pas les gestes juste en faveur de l’environnement. La gestion des déchets par exemple n’est pas fait correctement au niveau des ménages. Les entreprises se conforment difficilement. Même les mairies d’arrondissement ne sont pas au faite des problématiques de l’environnement. Parmi les gestes les plus récurrents, les gens balancent les ordures ménagères n’importe où. Les bacs à ordures d’Hysacam sont là, mais les gens préfèrent déverser les déchets ailleurs. Les ménagères mélangent les déchets à la base. Les déchets toxiques et les déchets non toxiques. Les deux ne devraient pas aller ensemble. Il n’y a pas séparation des déchets à la base que ce soit au niveau des industries qu’au niveau des ménages.

Lire Aussi: Assainissement: Des éboueurs bénévoles font du porte-à-porte

Quels sont les défis à relever pour l’assainissement de Douala

Les défis sont énormes. Il faut d’abord mener une très grande sensibilisation pour que les ménages se conformes à la gestion des déchets. Regardez bien les déchets d’Hysacam. C’est un fourre-tout. Alors que les déchets sont devenus des matières premières. Si tout est trié à la base par exemple, les industries qui les recyclent n’auront pas de difficulté pour avoir de la matière première. Les communes d’arrondissement doivent s’y mettre en mettant à la disposition des ménages des bacs séparés pour les différents types de déchets par exemple. Au niveau des entreprises, le combat continue. Nos missions régaliennes pour la plupart consistent soit à les sensibiliser, soit à la réprimer pour celles qui ne sont pas propres dans la gestion des déchets.

Lire Aussi: Biodiversité: Des espèces menacées d’extinction au Cameroun

La problématique des mangroves continue de préoccuper dans le Littoral …

.. La problématiques des mangroves est essentielle dans notre zone. La montée des eaux que nous constatons maintenant est due à l’absence de la couverture des mangroves. Nous assistons à des coupes très abusives. Il faut une réglementation claire en matière de préservation de mangrove. Parce que jusqu’à présent on n’arrive pas à réprimer les acteurs qui coupent les mangroves. Ces textes ne vont pas dans le sens de la répression. Le texte dit par exemple que les mangroves sont interdites de coupe mais dire « interdire » sans clarification. On aurait pu par exemple dit que « couper les mangrove vaut une peine d’emprisonnement ferme de … et une amende de … » ça pouvait un peu dissuader ceux qui les coupent.

Jusqu’à présent, la loi cadre est vague là-dessus. Malheureusement, l’érosion des mangroves continue dans le Littoral. Pourtant l’Etat depuis 2014 fait beaucoup d’efforts dans le sens du reboisement. L’Etat a d’ailleurs reboisé dans la zone de Yoyo notamment, dans la Sanaga maritime, plusieurs hectares de mangrove. Et à ce jour, certains de ces hectares sont même déjà coupés. Ca reste une difficulté. La difficulté ici vient du fait que ceux qui coupent, pour la plupart ne sont pas des Camerounais. Dans les zones de pêche, la plupart ce sont des étrangers et ils s’en foutent pas mal de la loi camerounaise.

Propos recueillis par Mathias Mouendé Ngamo

Banner Content
Tags: , , ,

Related Article

0 Comments

Leave a Comment