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Mes Stories - 17/03/2021

La lettre ouverte de Covid-19 aux Camerounais

Chers Camerounais, je suis arrivé chez vous il y a de cela un an, au beau début du mois de mars. Vous doutiez de ma réelle existence. Certains continuent même toujours de le faire d’ailleurs. Mais très vite, les premiers cas de contaminations vous ont réveillé comme un coup de massue sur la tête. Les premiers décès ont été enregistrés dans des familles. Moi je rigolais quand je voyais les gens se livrer en spectacle pour espérer obtenir les dépouilles des proches morts de Covid-19 ou organiser de grandes obsèques. Vous avez réalisé ensuite que je suis content et que je me développe très vite où on aime pas respecter les mesures barrières, où s’en fout des consignes d’hygiène et de salubrité.

Votre gouvernement a alors décidé de prendre des mesures pour sensibiliser à spectre large la population. Comme s’ils s’entendaient tous d’un coup, ils se sont levés comme un seul homme. Votre Premier ministre a pris des mesures. Le ministre des Transport aussi. Celui de la Santé… Dans le Littoral, le gouverneur a emboité le pas avec ses recommandations. Plusieurs autres autorités à travers les dix régions s’y sont mêlées aussi. Les campagnes se sont multipliés sur le terrain. Même les blogueurs de l’ABC étaient ligués contre moi sur les réseaux sociaux.

Dans les taxis, les gens s’asseyaient juste deux passagers à l’arrière du véhicule avec un écart au milieu d’eux. A la cabine, il n’y avait plus de « bâchement». Des points de lavage des mains à l’eau coulante et au savon ont poussé comme des champignons un peu partout : devant les écoles, les marchés, les boutiques, les églises, les bars, les garages, les hôtels, les auberges…  

Covid-19, la quarantaine …

Pauvre de moi. Face à autant de solidarité, (même s’il y en avait toujours qui s’en foutaient), je n’avais plus vraiment d’alliés chez-vous. Je commençais à perdre mes couronnes. Je me sentais fébrile et ressentais des symptômes de la solitude. Comme tout malade, j’ai décidé de me mettre en quarantaine. Vous avez sans doute remarqué que le nombre de cas diminuaient dans vos formations sanitaires.

Alors que je suis dans ma quarantaine, je remarque que des Camerounais jubilent après avoir écouté une édition du journal de 17h à la radio CRTV. Deux minutes après le journal, les taxis ont repris avec la surcharge. Certains ont décrété ma mort au point de vider des litres d’alcool en compagnie d’amie. Et puis, le Chan (Championnat d’Afrique des Nations) qui avait toujours glissé jusqu’ici, vous avez dit que vous allez l’organiser. Faites-le alors en respectant les mesures barrières. Certains ont dit « ha !!! ». Les seaux d’eau et morceaux de savon qui étaient disposés partout dans le pays (parce qu’il y a eu les dons à profusion en kit)ont commencé à disparaitre comme par enchantement.

CoronaVirusFacts

CoronaVirusFacts contre les Fakenews autour de la pandémie à Covid-19

Du coup, la chaine de solidarité de respect des mesures barrières qui me maintenait en quarantaine c’est brisé. Et me revoici, encore plus rayonnant et fort. Aujourd’hui, vous passer le temps à compter, à faire des additions des nombres de cas. Certains ont commencer à accuser le ministre de Santé d’inventer les chiffres. La grande entente qui existait entre vous dans le combat contre moi disparaissait peu à peu. Ce qui m’énerve alors, ce sont les mensonges dans lesquelles vous avez commencé à coller mon nom. Même le diable n’aime pas qu’on dise qu’il a fait quelque chose qu’il n’a pas fait. Vous avez commencé à jouer avec mon nom. Tantôt c’est le Covid-19, tantôt c’est la Covid-19.  

Les mensonges sur mon nom en ligne, c’est tous les jours. Une fois, j’ai lu sur Twitter que la vaccination contre Covid-19 fait partie du Programme élargi de vaccination (Pev). A l’heure-là, votre pays était même encore dans les négociations Covax. Une autre fois, j’ai lu dans les réseaux sociaux toujours que wow, les autres vaccins de routine qu’on donne aux enfants à l’hôpital là, il y a les produits Covid dedans.

A cause de vous, le taux de fréquentation dans les hôpitaux ont chuté de façon drastique. Les mamans ont sauté plusieurs rendez-vous de vaccination. Tous les gros efforts du Programme élargi de vaccination (Pev) tombent ainsi à l’eau. Et voici mon cadet éloigné la Polio qui a sonné son retour chez-vous. Même là encore, il y en a qui vous diront qu’il n’ y a pas de retour de Polio au Cameroun. Je suis peut-être virulent, mais je n’aime pas les Fakenews. Voilà les gens de DefyhateNow et de l’ABC, avec leur projet CoronaVirusFacts, qui essayent de me faire trouver un compromis et vous laisser à nouveau respirer un peu, et retourner dans ma quarantaine. Commencez d’abord par respecter à nouveau les mesures barrières et arrêtez de diffuser les Fakenews sur mon nom. On verra après.

Cordialement.  Signé le ou la Covid-19

  Mathias Mouendé Ngamo

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