Les mis en cause interpellés avec près de 700 Kg d’écailles de cette espèce menacée d’extinction risquent jusqu’à 20 ans d’emprisonnement et 50 millions F. Cfa d’amendes selon la loi.
A Yokadouma, commune située dans la région de l’Est du Cameroun, trois présumés trafiquants d’écailles de pangolins sont entre les mains de la justice. Ils sont poursuivis pour « trafic illégal d’écailles de pangolin ». L’affaire fait actuellement l’objet d’une information judiciaire menée par un juge d’instruction du Tribunal de grande instance (Tgi) du département de la Boumba-et-Ngoko. Les mis en cause ont été interpellés le 05 mai 2026 à Yokadouma en possession de près de 700 Kg d’écailles de cette espèce menacée d’extinction. Selon la législation faunique de 2024, si les présumés trafiquants sont reconnus coupables lors du procès, ils encourent une peine allant jusqu’à 20 ans d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre 50 millions F. Cfa.
Ces suspects ont été arrêtés à la suite d’une opération menée par les services de la délégation départementale des Forêts et de la Faune de la Boumba-et-Ngoko. Le coup de filet a bénéficié de la collaboration de la gendarmerie nationale et l’appui technique de l’Ong LAGA (Last Great Ape Organization), qui œuvre dans l’application des lois sur la protection de la faune sauvage en Afrique. Les suspects ont été pris la main dans le sac après quelques jours de filature.
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1412 pangolins tués
Le butin était disposé dans douze sacs entreposés dans une menuiserie à Yokadouma. D’après les calculs effectués par les agents du Ministère des Forêts et de la Faune (Minfof), l’estimation des pangolins tués par ces présumés trafiquants s’élève à 1412, dont 1409 pangolins nains et 03 pangolins géants. Les premiers éléments de l’enquête indiquent que les mis en cause seraient des membres d’un vaste réseau de criminalité faunique. Ils opèrent au Cameroun et desservent régulièrement les villes de Douala, Yaoundé et Bertoua. Le réseau s’étend au Gabon, au Congo-Brazzaville, en République centrafricaine et en Guinée équatoriale.
Pour le modus operandi, les présumés criminels fauniques stockaient progressivement ces écailles tout en dissimulant leurs activités sous le couvert du commerce de produits forestiers non ligneux. Les écailles étaient souvent aussi dissimulées dans des sacs de piment afin de masquer le parfum. L’affaire a fait grand bruit et obligé une sortie du ministère en charge des forêts et de la faune. Dans une note, le ministre a dénoncé le massacre des pangolins. Il a également réaffirmé sa détermination à lutter contre le commerce illégal de ces espèces sur l’ensemble du territoire national.
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Espèce protégée menacée d’extinction
Il y a un an, le 03 juillet 2025, deux autres présumés trafiquants avaient été interpellés avec près de 90 kg d’écailles de pangolins géants à Tibati, dans la région de l’Adamaoua. Les présumés trafiquants ont été épinglés alors qu’ils tentaient de vendre lesdites écailles non loin de la Gare routière de la localité. Les enquêtes ont révélé que les trafiquants présumés, traduits au tribunal, appartiennent à un vaste réseau de braconniers qui collectent principalement les écailles dans les villages autour de Tibati. Ce réseau comprend des chasseurs, des motocyclistes (moto-taximen) et des chauffeurs de transports publics. Les trafiquants vendent leur butin dans les villes telles que Yoko, Ntui, Yaoundé, Douala et Ngaoundéré.
D’autres cas de braconnages de pangolins et d’autres espèces sauvages protégées sont régulièrement signalés au Cameroun. En rappel, les pangolins comptent parmi les mammifères les plus ciblés au monde par le trafic et sont fortement menacés dans leur survie. Le Cameroun abrite trois espèces de pangolins, à savoir le pangolin à ventre blanc, le pangolin à ventre noir et le pangolin géant. Des espèces toutes classées comme menacées d’extinction sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn).
Mathias Mouendé Ngamo









