Insalubrité: Ça pue dans les rues de Douala

Des ordures débordent des bacs et jonchent le sol dans les coins et recoins de la capitale économique mettant les usagers mal à l’aise.

Les passants pressent le pas. Il faut se pincer les narines ou réajuster son cache-nez pour éviter d’aspirer toutes ces odeurs qui émanent du gros tas d’immondices. La montagne de déchets qui s’apparente bientôt à une mini décharge se dresse majestueusement en plein milieu du marché Double Balles à Bépanda, dans l’arrondissement de Douala 5ème. Le bourdonnement des mouches et autre insectes qui pullulent ici témoigne de l’état de décomposition des ordures qui s’y trouvent exposées à même la chaussée depuis une semaine.

Une eau de couleur noire et puante s’écoule de ces détritus. Elle se glisse sous une bâche sur laquelle est exposée du piment destiné à la vente. Même si le tas d’ordures semble déjà énorme, voici un jeune homme qui s’amène avec une brouette remplie de déchets. Il déverse le contenu au-dessus du lot et repart. D’autres commerçantes contribuent aussi à faire grandir la montagne de déchets. Avec la pluie qui s’est abattue samedi matin, des détritus transportés par les ruisseaux se retrouvent coincés dans les caniveaux.

«Les ordures ont même diminué ici. C’était bien plus important que cela. Les odeurs ne nous laissent pas, mais on va faire comment ? On est déjà habitués »,

lance une vendeuse de tubercules de patate.

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Les ordures règnent en maître à Douala

Elle a exposé sa marchandise sur une brouette à quelques millimètres seulement de la « mini décharge ». La proximité avec ces immondices l’ont comme immunisée des odeurs. La quadragénaire ne semble aucunement gênée par la puanteur, encore moins par ces usagers qui quittent des quartiers environnants et viennent se débarrasser de leurs déchets au marché, près d’elle.

Mais Double-Balles n’est qu’à l’image de plusieurs autres coins et recoins de la ville de Douala depuis quelques jours. Des tas d’immondices débordent des bacs à ordures et jonchent le sol. Au lieu-dit Axe -lourd Bépanda, les populations du coin ont choisi de se débarrasser de leur poubelle en vidant leurs déchets le long du terre-plein qui sépare les deux voies de circulation. Les ordures recouvrent le terre-plein sur plusieurs mètres.

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La Coupe d’Afrique des Nations dans deux mois

Le phénomène est aussi observé dans les quartiers résidentiels tels Akwa et Bonanjo. Le décor ici n’est non plus reluisant. Le long du boulevard de la Liberté, des zones malodorantes sont recensées. Quand ce n’est pas un bac qui déborde, c’est un bout de chaussée, le terre-plein ou un pied de panneau publicitaire qui reçoit les ordures ménagères conservées dans les domiciles depuis le début de la grève des employés de la société d’Hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam), il y a une semaine.

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Mais les populations affichent déjà un brin d’espoir de voir à nouveau les rues propres. Pour cause, quelques camions d’Hysacam ont été aperçus en opération de ramassage des déchets samedi. Seulement, pour des usagers avisés, il faudra attendre au minimum quatre jours avant d’obtenir un changement de la mine de la capitale économique qui s’apprête à accueillir des équipes de football et des touristes dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) qui débute au moins de janvier prochain.

Mathias Mouendé Ngamo  


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