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Initiatives Bio - 05/06/2017

Recyclage : L’art contre la jacinthe d’eau

L’artiste camerounais Samuel Py Dipoko transforme cette plante aquatique qui assèche les cours d’eau, en tableaux et accessoires de décoration.

A Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala 4ème au Cameroun, Samuel Py Dipoko est lancé depuis quelques années dans le combat contre la jacinthe d’eau. L’ancien député de la nation a créé une galerie, Art-Ecolo-Culture, spécialisée dans le recyclage de cette plante aquatique qui menace les cours d’eau. L’artiste transforme cette « sorcière végétale » en tableau et en objet de décoration, tels les tapis, les canaris, les sacs-à-main, les chapeaux. Samuel Py Dipoko se procure la matière première dans la rivière Bipélé à la sortie Ouest de la ville. Le cours d’eau est recouvert de cette plante aquatique à perte de vue, empêchant la navigation sur ce bras du fleuve Wouri.

La jacinthe pêchée, est étalée au soleil pendant près d’un mois. Après séchages, aux fibres flexibles obtenus, on y ajoute de la colle pour représenter différentes formes sur la toile. Au milieu des tableaux de la galerie, il y a la toile baptisée «changement climatique », pour sensibiliser sur les effets du réchauffement planétaire. Près de 70 Kg de jacinthe d’eau sont pêchés et revalorisés chaque mois à la galerie Art-Ecolo-Culture. « Tous les affluents du fleuves Wouri sont couverts par la jacinthe d’eau. C’est une plaie de la nature », indique  Joe Kessy, directeur artistique de la galerie.

Valorisation des ressources naturelles

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La jacinthe d’eau sur un ras du fleuve Wouri. Crédit photo: Mathias Mouendé ngamo

Joe Kessy cite au rang des difficultés, l’absence de matériel adéquat.

« La maroquinerie à base de la jacinthe d’eau relève de la valorisation des ressources naturelles tant souhaitée. Cette activité entraîne et surtout motive l’enlèvement de cette plante qui accélère l’assèchement des cours d’eau par le phénomène physique de la transpiration. La présence de la jacinthe dans un cours d’eau est un facteur d’accélération du changement climatique »,

explique Didier Yimkoua, environnementaliste.

 

Mathias Mouendé Ngamo

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